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Jérôme Gérard

ID: 31193
Added: 2003-06-04 11:56
Modified: 2003-06-04 12:12
Refreshed: 2009-01-07 02:20

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Amélioration du niveau de vie des populations : Bientôt un système de veille permanent
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Mamadou Ticko DIATTA
Le Quotidien (Sénégal)
Mercredi 4 juin 2003


L’Etat veut gagner la lutte contre la pauvreté. Et pour atteindre ce dessein, le gouvernement veut s’appuyer sur une structure d’analyse des données dans le domaine du développement social. C’est le but visé à travers la mise en place prochaine d’un Observatoire des politiques sociales.

Avec l’appui du Centre canadien pour la recherche et le développement international (Crdi) le Sénégal va mettre en place un Observatoire des politiques sociales. C’est, en tout cas, le but de l’atelier qui s’est tenu, hier, à l’ancien siège de la Fondation koweïtienne Zakat House. Du côté de l’Etat, on estime que cet instrument «permettra de disposer de mécanismes d’alerte, de prévention et d’indicateurs fiables pour mieux élaborer et impulser les politiques sociales». Ces propos qui sont du ministre du Développement social, Maïmouna Sourang Ndir, sonnent comme une volonté gouvernementale de faciliter la mise à disposition de «l’information pertinente». Toute une démarche dont la finalité est d’arriver à une meilleure conduite de la politique de développement social.

Déjà, le consultant et Professeur agrégé des facultés de Droit, Abdoulaye Sakho, estime que l’implication du Centre de suivi écologique (Cse) dans le processus de mise en place de l’observatoire va permettre d’éviter certaines failles. Et celles-ci, de l’avis de l’universitaire, peuvent avoir trait à des prises de décisions qui résulteraient de simples déclarations de citoyens qui n’ont pas été vérifiées par des enquêteurs ou chercheurs. L’insertion des jeunes dans le monde du travail passe, d’après Pr Sakho, par une identification des chômeurs et de leurs attentes en termes d’emploi en vue d’une détermination des types d’emplois durables. «Il faudra demander à ces jeunes ce qu’ils veulent. Je ne pense pas que ce soit du travail uniquement. On a tenté l’expérience de l’Agetip (Ndlr : l’Agence d’exécution des travaux d’intérêt public contre le sous-emploi). A un moment donné, je crois que les gens disaient qu’on les payait en nature : en sac de riz, en sac de mil. Est-ce que cela correspond aux attentes de ces jeunes Sénégalais ? Il faudrait qu’on ait les données qu’il faut pour pouvoir analyser et prendre les décisions adéquates», commente toujours le Professeur Sakho.

Cette vision ne semble pas loin de la volonté de l’Etat de relever le défi de la réduction de la pauvreté de 50 % à l’horizon 2015. Un objectif qui devrait prendre en compte l’existence du «système de veille permanent qui permet d’évaluer régulièrement les progrès accomplis afin de procéder aux réajustements nécessaires».

Les cibles du futur Observatoire des politiques sociales sont constituées par les couches les plus vulnérables. Cet instrument ne va pas manquer après sa mise en place de fournir des données pour l’amélioration du niveau de vie des populations.

Certains experts ne manquent pas de constater que les observatoires font face souvent à des contraintes de plusieurs ordres. Celles-ci peuvent avoir comme nom: l’absence, voire l’inexistence d’informations, l’éparpillement des données, le manque d’outils performants pour collecter et traiter les données primaires avant leur transmission, l’insuffisance des ressources humaines dans les collectivités locales, la multiplicité des acteurs qui conduit au mélange des rôles, etc.


Sidy Guèye, Directeur des stratégies de développement social : «L’Observatoire doit être capable de répondre à la demande sociale»


Quelles attentes les populations doivent-elles avoir de la part d’une structure comme l’Observatoire des politiques sociales ?

L’Observatoire des politiques sociales doit aller dans le sens de la structuration de la demande sociale et la satisfaction des besoins des populations. Pour cela, ses missions ont été élargies dans le souci d’avoir des composantes d’élaboration et de mise en œuvre des programmes capables de répondre à la demande des populations en termes de réduction de la pauvreté, mais également de sortir les populations des souffrances quotidiennes. Il faudra aussi aider les groupes vulnérables : les personnes handicapées, les enfants en situation difficile, les retraités qui ont souvent des difficultés de réinsertion…

Pour atteindre ce dessein, il faut des mécanismes, non seulement d’élaboration des politiques, mais des mécanismes d’alerte sociaux. Et c’est dans ce cadre que l’observatoire vient à son heure. Il sera un système d’information mais aussi un système d’analyse performant qui aura pour but d’asseoir les politiques et de les réorienter pour que les Sénégalais suivent la voie du développement.

Quelles seront les priorités de l’Observatoire des politiques sociales ?

L’Observatoire social reprend toutes les missions. Il y a aujourd’hui l’organisation communautaire à la base qui devrait prendre en charge tous ces projets, tous ces programmes que l’Etat est en train de mettre en œuvre. Il faut que l’information descende à la base, il faut que l’information remonte au sommet. Il faut qu’on puisse être au courant. Récemment dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre disait qu’il voulait avoir sur la carte du pays l’ensemble des données et dire que la pauvreté a été réduite dans tel arrondissement, de telle manière et de façon efficace. Nous sommes en train de mettre les outils pour qu’il puisse, au jour prévu, dire aux populations voilà ce que l’Etat a fait, les conditions dans lesquelles il l’a fait et avec qui il l’a fait.

Beaucoup d’observatoires ont été mis en place au Sénégal et n’ont pas produit les effets escomptés. Quelle sera la particularité de ce nouvel instrument de mesure ?

En listant les objectifs, nous avons estimé qu’il fallait recenser l’ensemble des expériences, non pas les expériences au niveau du pays mais, dans la sous-région, dans d’autres pays pour voir : Où cela a réussi ? Où cela n’a pas réussi ? Pour nous, l’objectif ce n’était pas de voir les échecs et les réussites, mais de tirer toutes les leçons dont pourrait bénéficier notre observatoire pour aller de l’avant. Nous sommes en train de mettre les jalons, les processus dynamiques. Il faut régler les tendances actuelles, mais aussi les tendances structurelles. Nous pensons qu’il faut un processus dynamique de mise en place de l’atelier qui suivra son cours. A terme, nous allons mettre en place un observatoire qui va répondre à nos préoccupations de départ.

Recueillis par M.T.D



2003-06-04

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